La guérison n’est pas linéaire (et c’est vraiment difficile à accepter)

La guérison n’est pas linéaire (et c’est vraiment difficile à accepter)

On aimerait tellement que la guérison ressemble à une ligne droite, quand je dis on ça m'inclut x1000!
Un début difficile, des efforts constants, puis un mieux qui s’installe pour de bon.
Mais la réalité est rarement comme ça, je l'ai appris difficilement sur le sofa de ma thérapie.

La guérison, qu’elle soit émotionnelle, mentale ou même physique, est souvent faite d’allers-retours. De journées lumineuses suivies de rechutes. De moments où on se sent fier·e de soi, puis d’autres où on a l’impression d’avoir tout perdu et même être rendue plus bas.

Et ça, c’est dur à accepter.

Quand on pensait aller mieux… et que ça fait encore mal

Il y a quelque chose de particulièrement décourageant dans le fait de se dire :
« Je pensais que j’étais rendu·e plus loin que ça. »

Revivre une émotion qu’on croyait réglée.
Être à nouveau fatigué·e, fragile, sensible.
Avoir l’impression de revenir à la case départ.

Mais revenir ressentir quelque chose ne veut pas dire que tout le travail fait avant disparaît (je me le repète souvent pour réussir à le comprendre) Ça veut juste dire que la guérison se fait par couches. On comprend une chose, puis plus tard, on la comprend différemment, plus profondément.

Guérir ne veut pas dire ne plus jamais avoir mal

On nous fait souvent croire que guérir, c’est ne plus être affecté·e.
Ne plus pleurer pour les mêmes choses.
Ne plus douter, juste aller bien (ouin ça existe pas un monde de licornes)

Mais en réalité, guérir, c’est apprendre à se soutenir quand ça revient.
C’est reconnaître ce qui se passe au lieu de se juger. C’est savoir que même dans une mauvaise journée, on a plus d’outils dans notre coffre à outils qu’avant.

La douleur peut revenir, mais elle ne prend pas toujours la même place. Elle ne raconte plus exactement la même histoire.

Accepter la non-linéarité, c’est un travail en soi

Accepter que ça monte et que ça redescende demande énormément de douceur envers soi-même. Ça demande de lâcher l’idée de performance, même dans la guérison.
De ne pas se comparer à la version de soi d’hier, ni à celle des autres. C'est aussi essayer de ne pas juste se féliciter dans les bonnes journées, car ensuite dans les moins bonnes on a tendance à s'auto-critiquer!

Certaines journées, faire de son mieux, c’est juste respirer et passer à travers. Et c’est suffisant.

Tu n’as pas régressé

Si tu traverses une période plus lourde après avoir été bien, rappelle-toi ceci :
Tu n’as pas échoué. Tu n’as pas perdu ton progrès. Tu es simplement humain.e.

La guérison ressemble plus à une spirale qu’à une ligne droite. On repasse parfois par les mêmes endroits, mais avec plus de conscience, plus de compassion, plus de force qu’avant. 🌀

Et même si tu ne le vois pas toujours, tu avances quand même (j'te jure!)

Prends ton temps. Sois douce avec toi.
Tu fais exactement ce que tu peux, et c’est déjà beaucoup.

Si personne ne te l'a dit récemment, saches que je suis fière de toi, tu peux l'être aussi, tu es sensible et c'est un superpouvoir. 

Retour au blog

2 commentaires

Merci Alexandra.
Je vis justement un arrêt de travail et que c’est vrai que la guérison semble être une spirale plutôt que ligne linéaire.
Et même si je ne le vois pas toujours, j’avance quand même.

mélanie giroux

alexandra morin , très touchant et vrai à relire au besoin 🩷

Anne Bellavamce

Laisser un commentaire